Quelques principes fondamentaux


L'Aïkido est un art martial.
Mais, contrairement à beaucoup d'autres arts martiaux, il se caractérise par l'exécution spontanée de techniques sans formes imposées ou définies par avance.

L'adaptation au contexte est quelque chose de fondamental. Chaque mouvement, chaque technique trouve sa place dans une situation particulière, et doit s'adapter à cette situation.
Mais pour pouvoir être capable de répondre présent et utiliser la forme qui convient, il faut, avant tout, maîtriser des principes fondamentaux.


Voici quelques uns de ces principes …..

  • Tori et Aïte

Traditionnellement, Tori est celui qui effectue la technique et Uke est celui qui la subit.
Cependant, dans un travail d'Aïkido traditionnel, on parle plutôt de Tori et Aïte.

Une signification du mot Aïte est partenaire. Il travaille tout autant que Tori lors de la réalisation de la technique, il adopte une attitude qui permet à l'autre de travailler, contrôle son propre mouvement, son éventuelle chute....

  • Le centre

Le centre ( Hara ou Tanden) d'un individu est situé à environ trois doigts en-dessous du nombril. C'est le centre de l'énergie vitale.

C'est un point extrêmement important en Aïkido: tout mouvement, tout effort part du centre du pratiquant. Que ce soit Tori ou bien Aïte, ils doivent s'attacher à développer ce principe dans chaque détail de leur travail.

On peut comparer une technique d'Aïkido avec une tornade.
Le centre de la tornade est calme : ainsi doit être Tori, calme, détendu, en paix, solidement ancré dans son propre centre.
Le contour n'est que mouvement circulaire : Aïte est amené à tourner autour de Tori, sous son total contrôle, jusqu'à sa neutralisation.

  • Le principe de non-opposition : kinonagare

Le pratiquant cherche à éviter toute confrontation directe, mais plutôt à accepter la situation impulsée par Aïte et à l'accompagner dans une direction qu'il aura choisie pour pouvoir le neutraliser.
Ce principe exclut tout travail en force et toute crispation musculaire ou mentale.

  • Le shisei

Le shisei est la verticalité, la droiture.
Ce principe explique la position, la posture aussi bien physique que mentale du pratiquant d'Aïkido.

Physiquement, le pratiquant d'aïkido doit être parfaitement droit, la colonne vertébrale bien étirée, le corps restant parfaitement détendu.
Mentalement, le shisei représente l'état d'esprit avec lequel tout pratiquant va affronter une situation donnée. Il se doit d'adopter une certaine droiture, une détermination qui va lui permettre d'atteindre son but.

La garde ( kamae ) reflète cet aspect. La posture physique doit permettre d'avoir un bon shisei mais aussi elle doit traduire une présence complète du pratiquant. Ce n'est pas seulement une simple position.



  • La distance : le ma-aï

Le ma-aï représente la distance séparant le centre de Tori et le centre d'Aïte.
C'est un facteur fondamental car c'est lui qui imposera le choix de la technique.

Un même mouvement peut donner lieu à plusieurs réponses possibles selon le ma-aï.

C'est la gestion de cete distance, le fait de garder un ma-aï constant ( principe de kimusubi ) qui permettra au pratiquant d'évoluer en toute liberté, sans être débordé ou bien absorbé par son partenaire.

  • Irimi

Il est impératif lors de la réalisation d'une technique de ne pas se concentrer sur une partie du corps du partenaire ( la main, le poignet .. ) ou bien sur son arme.
En fait, une technique doit embrasser la totalité du partenaire, c'est Aïte dans sa globalité qu'il faut neutraliser. Il faut donc s'attacher à contrôler son centre.

Le principe d'Irimi traduit le fait de rentrer dans le centre du partenaire, de prendre sa place pour le mettre en périphérie ( on retrouve la comparaison avec la tornade vue plus haut ).

  • Zanshin

Dans un dojo traditionnel, le tatami symbolise le champ de bataille.

Il faut bien comprendre que les origines de l'Aïkido sont les bujutsu ( arts de combat ) pratiqués par les guerriers jadis. On imagine difficilement un guerrier bavarder, ou bien rêvasser lors d'un combat à mort.

Même s'il n'est évidemment plus question d'apprendre à détruire autrui, adopter une certaine présence, une concentration sur le tatami permet de développer un état d'esprit qui permettra de progresser.

C'est le sens du principe de zanshin.


  • Kokyu

Le contrôle de la respiration, de la coordination entre les mouvements, les efforts et le rythme inspiration/expiration permet un meilleur contrôle de l'énergie.

Le principe de kokyu reflète cet aspect.
Le contrôle du souffle permet la réalisation des techniques sans fournir d'effort.